Bruno Guillot sur le sentier de l’extrême

juin 2026

Bruno Guillot, auteur du livre « Le sentier en continu », sorti aux éditions Le Lys Bleu en mai 2026.

À 4 ans de son premier ouvrage, Bruno Guillot publie Le sentier en continu, un récit inspiré de sa traversée des Pyrénées. Du 8 au 18 août 2025, ce passionné d’ultra-endurance a parcouru 454 km sur les chemins escarpés du GR10, entre Bagnères-de-Luchon et Hendaye.

Un défi préparé de longue date

Bruno Guillot, Vasléen d’adoption et membre du club Jog’Gâtine à Parthenay n’en est pas à son premier défi sportif. En s’inscrivant à la Transpyrénéa, ce sexagénaire s’attaque à l’une des épreuves d’ultra-endurance les plus exigeantes d’Europe. Cette aventure de montagne suit le GR10 sur près de 900 km entre le Perthus et Hendaye. « Quatre distances sont proposées. J’ai choisi de parcourir la moitié du tracé (454 km). L’idée a germé après avoir participé à l’organisation de la course en tant que bénévole en 2023. Piqué par le virus, malgré les questions liées à mon âge, j’ai fini par me lancer. Une semaine intensive en montagne au Maroc, en 2024, a conforté mon choix. S’ensuit alors une année entière de préparation, dont 6 mois de renforcement musculaire avec un coach ».

« Des milliers de pas mis en mots pour un voyage sur le sentier en continu. »

Avec un sac de 9 kg sur le dos, Bruno Guillot s’est élancé en semi-autonomie avec toutefois des points de passage obligatoires pour se restaurer ou voir un médecin. « Sur cette distance parcours, nous étions 14 coureurs à prendre le départ et 12 à l’arrivée. Chacun son rythme. J’avais prévu de prendre des notes, mais la fatigue était telle que c’était impossible. J’ai juste photographier des moments marquants. Mon livre s’est construit dans ma tête au fil des kilomètres et des journées passées sur le sentier ». Un mois d’écriture après son retour, « Le sentier en continu » était déjà presque bouclé. Un ouvrage empreint de poésie et d’émotions, illustré de photographies prises durant l’aventure. L’auteur y partage ses observations de la faune, de la flore, des paysages, des bruits la nuit…, des rencontres qui ont enrichi son parcours et livre ses réflexions sur l’impact de l’activité humaine, notamment sur ces espaces naturels transformés en pistes de ski l’hiver. « Pendant 10 jours, j’ai vécu dans une autre temporalité. Je marchais quand j’en avais la force, je mangeais quand j’avais faim et je dormais lorsque la fatigue l’imposait. »

« Bien plus qu’un défi physique, une quête intérieure ! »

Au-delà de la performance sportive, Bruno Guillot évoque une expérience profondément personnelle. « Je me demandais si j’allais être capable d’aller au bout. » Le parcours ne laisse aucun répit : chemins rocailleux, cols culminant à plus de 2 500 mètres d’altitude, chaleur écrasante, manque de sommeil et douleurs physiques. Je connais bien la montagne, j’ai appris à gérer la chaleur, mais la chute est toujours possible et la défaillance aussi, mais pas de doute pour le moral ! Le but est d’arriver en état et savoir se ménager pour y parvenir. Au final, seulement 30 heures de sommeil en 10 jours pour 230 heures de chemin. Chaque journée représentait entre 40 et 50 km de marche, de course, à une moyenne d’environ 4 km/h. La soif, la faim et les ampoules deviennent mes compagnons de route. Instinctivement, j’étais dans une forme de survie, mais trouver mon rythme s’est fait naturellement. Cette aventure a été une véritable découverte de moi-même et une immense satisfaction personnelle. »

La richesse des rencontres

Sur un tel parcours, l’alimentation et l’hydratation deviennent des priorités absolues. « Boire près d’un litre d’eau par heure est vital, tout comme manger régulièrement pour éviter l’hypoglycémie. Les points de contrôle offrent des repas complets, tandis que les traversées de villages permettent quelques pauses bienvenues dans les boulangeries, épiceries ou marchés locaux. Parfois même, une bière fraîche récompense les efforts du moment. Interpellées par ma tenue de coureur, les personnes que je croise engagent la discussion. Ces échanges avec les locaux, les randonneurs ou les commerçants ont été très enrichissants et m’ont donné encore plus envie d’écrire ce livre. »

Déjà tourné vers la prochaine aventure

Peu médiatisée, la Transpyrénéa ne désigne pas de véritable vainqueur. Ici, l’essentiel est d’aller au bout de l’épreuve. Accueilli à l’arrivée par son épouse, Bruno Guillot a profité d’un bon mois de récupération avant de penser à son prochain défi : le Trail des Châteaux de Chauvigny, une distance de 53 km.

À lire

Le sentier en continu est disponible à la librairie L’Antidote à Parthenay, à La Petite Boutik à Vasles, sur les principales plateformes de vente en ligne ainsi qu’en version numérique. Des séances de dédicaces seront organisées dans la région à partir de septembre.

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