À Vasles, la laine tisse son avenir
avril 2026
Longtemps délaissée, la laine retrouve petit à petit ses lettres de noblesse. À Vasles, l’École de la laine s’engage dans la transmission des savoir-faire et la valorisation de cette fibre naturelle.
Un lieu de partage de savoir-faire
L’École de la Laine est née en 2006, à côté de Mouton Village, d’un projet communal de développement touristique porté par l’ancien maire, Gilles Parnaudeau, devenu président de l’association. Ateliers de loisirs avec filage, tissage, tricot, teinture végétale, tapisserie ou dentelle au fuseau et formation professionnelle animent ce lieu, atypique par l’étendue de ses activités.
Un centre de formation reconnu
Devenue centre de formation professionnelle en 2010, L’École de la laine est certifiée Qualiopi depuis 2020. « En 2025, nous avons accueilli près de 160 stagiaires pour plus de 3 000 heures de formation. » Les cours sont dispensés par des professionnelles installées à leur compte, dont Lauren, tisserande et teinturière, et Diane, fileuse et brodeuse, salariées de l’association. Le site dispose de tous les équipements nécessaires pour travailler la laine, de la toison brute jusqu’à l’objet fini, dans un bâtiment mis à disposition par la commune. En France, seuls 2 centres proposent ce type de formation, dont celui de Vasles.

De la toison au fil
Les laines utilisées proviennent en grande partie de Mouton Village et d’élevages locaux, offrant ainsi une grande diversité de races, de qualités et de caractéristiques très singulières de laines. Les toisons sont triées, lavées, cardées et teintées avant d’être utilisées lors des formations. Certaines sont également transformées en fil dans des filatures françaises, de plus en plus nombreuses. « L’équipe suit d’ailleurs avec intérêt un projet de micro-filature en Charente-Maritime, qui permettrait de produire des fils parfaitement adaptés aux besoins du tissage. »

Une filière en plein renouveau
Depuis quelques années, l’engouement pour la laine s’est nettement renforcé et la période post-Covid a vu émerger de nombreux projets de reconversion vers les métiers manuels. « Nous accueillons des profils très variés (artisans, artistes, éleveurs ovins…) venus de toute la France, parfois même de Belgique ou de Suisse. Dans cette filière, polyvalence et créativité sont indispensables. Pour vivre de son activité, il faut souvent être le mouton à 5 pattes et savoir porter plusieurs casquettes. »
Entre passion et réalité économique
« Si le travail de la laine fait rêver, c’est un véritable marché de niche. Notre rôle est d’accompagner les porteurs de projet dans la réalité économique du métier. Entre le lavage d’une toison, le filage et la réalisation d’un tricot entièrement fait main, près de 120 heures de travail peuvent être nécessaires. Pour assurer la viabilité de ce genre d’activité, nous conseillons le tricot machine pour compléter le travail artisanal. »
Sensibiliser le grand public
Cette année, l’École de la laine fête ses 20 ans et organise un événement les 4 et 5 juillet. Au programme : conférences, marché professionnel des métiers d’art, expositions et ateliers avec les enfants des écoles du bourg. Un concours de création sera également proposé aux étudiants en art et en mode. L’objectif est de sensibiliser le public à cette fibre naturelle, présente dans de nombreux objets du quotidien, de l’isolation des bâtiments aux balles de tennis, et d’encourager l’émergence de nouvelles idées autour de la laine.
La laine française, riche en histoire et en savoir-faire, se trouve effectivement à un tournant décisif. Pour garantir sa compétitivité, sa durabilité et sa capacité à répondre aux attentes des consommateurs, la Feuille de route nationale vise à structurer ces filières en conciliant tradition et innovation. L’objectif est de transformer l’intégralité de la production française, un défi ambitieux, sachant que seulement 4 % de la production est aujourd’hui valorisée dans l’Hexagone… mais un défi qui se façonne au fil des années.
Infos : lecoledelalaine.fr
Propos recueillis auprès de Diane et Lauren, les 2 salariées de l’association, le 23 février 2026.
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