De la culture à la permaculture, le défi d’un trio féminin lié par les liens du sang à Coulonges-sur-L’Autize

mars 2023

Salomé, Roxane et Josette, fille, mère et grand-mère créent une ferme en agriculture alternative pour redonner du sens à leur vie.

Une totale reconversion

Rien ne prédestinait Salomé Deruy à travailler dans le domaine agricole. Diplômée dans le secteur des arts appliqués et du cinéma, la jeune femme dynamique et pétillante a finalement pris un virage à 180 degrés. « En 2018, la lecture du livre « comment tout peut s’effondrer » a été l’élément déclencheur pour changer de vie. Interpellée par l’expertise de l’auteur sur la résilience des systèmes socioécologiques, j’ai toute de suite envisagé un nouveau scénario pour mon avenir professionnel et personnel ».

En quête de sens

« Une journée a suffi pour que je prenne la décision de me lancer dans le maraîchage. En recherche de foncier pour m’installer, la tâche n’a pas été des plus faciles quand on n’est pas issue du milieu agricole. Souhaitant conserver une certaine proximité de Nantes, où maman est professeure de lettres, la grande maison aux volets bleus et ses terres attenantes, bâtisse emblématique à Coulonges-sur-L’Autize, a été un véritable coup de coeur aussi bien pour moi, ma mère et ma grand-mère, qui me soutiennent dans ce projet. Installée depuis un an avec ma grand-mère dans cette bâtisse datant de 1830, redonner une vie économique à cette ancienne taverne ouvrière et son four à chaux, a attisé la joie des coulongeois ». A 28 ans, Salomé dispose à présent de 1,3 hectare de terres agricoles en pâturages et prairies, conditions idéales pour démarrer en culture biologique.

En formation

Citadine, fille et petite fille de professeures de lettres, Salomé a tout naturellement commencé à  s’informer dans les livres. L’expérience, la pratique et les connaissances ont été acquises durant 10 mois de formation en alternance à la MFR de Saint-Loup et chez un exploitant dans le marais poitevin avec pour finalité l’obtention de son brevet de technicien agricole.

Le bonheur est dans la permaculture

« En permaculture plein champ et Bio à 100%, je joue sur la synergie entre les plantes. Réguler les espèces et ramener un maximum de vie sont indispensables pour créer un système de culture résilient. Créer une section botanique pour préserver certaines variétés tout en pensant à la beauté du jardin, diversifier mes productions en fruits, légumes, fleurs comestibles, plantes aromatiques et médicinales, mais également en piments et en épices font partie de mes objectifs. Tout est réfléchi pour utiliser ce que la nature nous offre. Pour l’arrosage, j’ai fait creuser un bassin qui se remplit avec l’eau de pluie en provenance de tous les toits de mes bâtiments et récupère les feuilles mortes collectées par le service technique de la mairie que j’utilise ensuite comme compost. Les premiers semis sont en place sous serre et donneront naissance à mes premières ventes en avril-mai prochain. Toute la commercialisation s’effectuera en vente directe, principalement à la boutique à la ferme. Un site internet est en cours de construction ».

Une ferme, mais pas seulement

« Un regard extérieur sur mon métier me permet de mettre en place mes propres méthodes, plus douces, pour adapter les meilleures postures et éviter les souffrances physiques. Afin que mon travail reste un plaisir, le confort au travail est primordial. Je ne compte pas m’user à la tâche. J’ai commencé par cultiver une zone de 2000 m2 pour me développer petit à petit jusqu’à créer un emploi une fois les jardins bien dessinés. Accueillir du public, des classes vertes et ouvrir la ferme comme un lieu de culture au sens large me tient également à coeur. Ma grand-mère peint beaucoup, une centaine de ses toiles orne les différentes pièces de la maison. Animer ce lieu en présentant ses oeuvres me semble une évidence ».

« Dans un second temps, témoigner, sous forme de petites vidéos, de mon parcours, de mon expérience, des démarches qui m’ont amenée à quitter ma vie de citadine pour m’installer maraîchère me semble important pour encourager les néo-ruraux, comme moi, à réaliser leur rêve ».

Infos sur Facebook @La ferme de Karabah

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